racines

Ni tout à fait la même ni tout à fait une autre - 12
2010 - coton brodé main, brou de noix, feutre, toile de lin sur châssis - 35 x 24 cm


























En juin 2009, à la faveur de croquis et esquisses, par intuition ou par hasard, une silhouette de femme est apparue...
Elle m’accompagne depuis, et se transforme au gré des matériaux et au fil du temps : plus ronde, plus longiligne, en foule ou solitaire.
"L’attendre" : ce titre me semblait approprié pour les premières toiles de cette série, attendre quelque chose ou quelqu’un, attendre qu’un événement survienne… pour un changement. Mais très vite, j’ai réalisé que toutes ces silhouettes n’étaient plus du tout en attente mais bien au contraire en marche. Ce titre est resté longtemps encore, comme si l’inertie que j’avais perçue dans mes premières toiles était toujours présente dans les mots pour baptiser les suivantes, comme si les mots avaient pris plus de temps en moi pour se mettre en route. Pour se rendre conscients sans doute leur faut-il traverser davantage de méandres ou rester souterrains plus longtemps avant de pouvoir sourdre doucement ?
"L’attendre" est devenu "ni tout à fait la même ni tout à fait une autre", ces mots de Verlaine comme pour me montrer la transformation de ces silhouettes, lente et constante métamorphose... maturation et révolution en marche, dans un subtil processus de continuité et de rupture... dans une inlassable quête vers une délivrance espérée... délivrance tant au sens d’accouchement, de mise au monde qu’au sens de libération, la fin d’un esclavage.

Ces corps au-delà du féminin, résumés à l’essentiel, scrutent le ciel.
Ces silhouettes humaines prennent racines et rejoignent l'univers végétal comme pour montrer leur appartenance à la nature, faire unes avec les arbres de la forêt.
Ces êtres germent, croissent et s'épanouissent au rythme des saisons de la vie. Ils fleurissent, corolles colorées. Leurs ailes poussent aussi... Ils cherchent à les déployer comme pour faire uns avec le monde céleste et réaliser un grand rêve : retrouver le paradis sur terre !

Nathalie Roussel - juin 2011


Racines 1 à 11
2010 - coton brodé main, brou de noix, feutre, toile de lin sur châssis
16 x 22 / 27 x 22 / 35 x 22 cm







































Ni tout à fait la même ni tout à fait une autre - 17
2010 - papier de soie, brou de noix, acrylique, toile de lin sur châssis - triptyque (3 toiles de 55 x 38 cm)















à l’écoute de la question de cet homme
à l’écoute de ma propre réponse
je compris l’importance de ce voyage

arpenter mes terres intérieures
à la recherche de mes racines
en quête de mon origine
d’être humain 











Terre fertile est métissée
2010 - coton brodé main, brou de noix, acrylique, toile de lin sur châssis
97 x 146 cm
Un café venant d’Afrique... puissant, plein, le café a empli toute ma bouche, avec une présence qui m’a saisie et émerveillée.

Une impression de terre. Je buvais la terre !

Cela a fait écho en moi. Je me suis sentie en territoire reconnu. Comme si de très très anciens souvenirs d’un autre temps bien avant ma naissance avaient surgis : la présence vivante, intense, spontanée et généreuse de l’Afrique.

Une force originelle que je sais être mienne, que je sens être mienne, d’instinct, au plus profond de mon ventre…  

... de mon ventre naît mon œuvre 

Soudain, ce café eut saveur de révélation :

mon ventre vient d’Afrique

mon ventre est africain
mon ventre est terre
mon ventre est terreau
mon ventre est creuset
mon ventre est racines

de mon ventre naît mon œuvre

Nathalie Roussel - oct 2010